Julia A. Sherman

On the psychology of women

A survey of empirical studies

 

Charles C. Thomas Publisher 1971

Springfield, Illinois, USA

 

De la psychologie féminine

Une recension des études empiriques

 

 

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Chapitre premier

BIOLOGIE DES DIFFERENCE SEXUELLES

En cette époque de pantalons unisexe, de cheveux ébouriffés et de style androgyne, beaucoup de personnes doutent sérieusement de l’existence d’une psychologie spécifiquement féminine. Quelques-unes doutent même que les sexes soient biologiquement très différents l’un de l’autre. Malheureusement, les réponses à ces question sont obscurcies par une littérature tendancieuse. Certains auteurs ont minimisé ou même dénié les différences sexuelles, probablement dans l’espoir de promouvoir l’égalité sociale et politique entre hommes et femmes. D’autres ont défendu la position traditionnelle, glorifiant le rôle " naturel " de la femme. Une évaluation objective de la question exigera d’éviter soigneusement les préjugés qui y sont mêlés.

Ce chapitre passera brièvement en revue l’ensemble des aspects biologiques des différences sexuelles, telles que l’influence des chromosomes et des hormones et la nature du développement embryonnaire. En outre, un éventail des différences physiques les plus importantes entre les sexes sera discuté. Un matériel additionnel relatif aux différences physiques plus tardives entre les sexes figurera au chapitre sur l’adolescence, et les influences des hormones biocomportementales seront discutées au fur et à mesure que cela deviendra pertinent à travers le cycle vital.

 

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Différences sexuelles physiques

Il existe un grand nombre de différences physiques entre les sexes. Des différences sexuelles existent pour quasiment toutes les variables physiques et elles augmentent avec la croissance (Anastasi, 1958). Les différences sexuelles s’étendent largement et se manifestent par de curieuses voies. À la naissance, les femmes ont fréquemment un index plus long que l’annulaire, et l’avant-bras masculin est plus long que l’avant-bras féminin (Tanner, 1962). Les filles ont proportionnellement moins de muscles et plus de graisse dès la naissance (Garn, 1957, 1958). À la naissance, elles pèsent environ cinq pour cent de moins que les garçons ; autour de vingt ans, elles pèsent environ 20 pour cent de moins. Elles sont de 1 à 2 % plus petites que les garçons pendant la plus grande partie de l’enfance, pour devenir de 10 % plus petites autour de 20 ans (Anastasi, 1958). Ainsi que cela a déjà été mentionné, les femmes ont à tout âge moins de force musculaire que les hommes, approximativement 10 % de moins à 7 ans et 50 à 60 % de moins à 18 ans. Dans les premières années, la vigueur de la préhension manuelle peut constituer la seule mesure montrant une différence marquée entre les sexes (Tanner, 1962). Les filles sont aussi plus lentes et moins bien coordonnées, excepté pour les subtils mouvements de mains dans lesquels elles développent une adresse et une dextérité plus grandes. En tant qu’enfants, elles ont tendance à être plus sédentaires et dorment plus (Scheinfeld, 1944). Elles montrent moins d’agitation et une activité moins ouvertement énergique au moins à partir de l’âge de deux ans (Anastasi, 1958). Leur capacité thoracique – le volume total d’air expiré après une inspiration maximale – est moindre. Ce facteur, important pour le rendement énergétique de l’effort endurant, est inférieur de 7 pour cent chez les filles et de 35 pour cent chez les femmes. Même à taille égale et entraînement égal, les femmes

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adultes à l’état normal ont un métabolisme inférieur, c’est à dire qu’elles produisent moins d’énergie, que les hommes. Elles ont donc besoin de moins de nourriture à poids égal comme le savent, et le déplorent, les ménagères. Les mécanismes de maintien de l’équilibre physique, les mécanismes homéostatiques, opèrent apparemment dans des limites plus larges chez la femme que chez l’homme. Chez les femmes, il y a des réactions physiologiques au stress plus marquées, mais une récupération plus rapide (Sontag, 1947). Parfois, cela joue à l’avantage des femmes, comme dans le cas d’une réaction à un changement de température. Les femmes ont une capacité supérieure à ralentir ou accélérer leur métabolisme pour produire moins ou davantage de chaleur et peuvent ainsi s’adapter plus facilement aux températures extrêmes (Scheinfeld, 1944).

Ellis (1908) examina les différences sexuelles du cerveau et le sujet est toujours d’actualité. Des différences sont signalées dans l’apparence extérieure du cerveau (Connolly, 1950). Les différences sexuelles, qui surgissent apparemment à l’adolescence, ont été trouvées dans des enregistrements d’électroencéphalogrammes de cerveaux (Ellis et Last, 1953 ; Henry, 1944 ; Smith, 1954). Lansdell (1962, 1964) trouva des différences entre les sexes dans leur réaction à la neurochirurgie unilatérale. Il note que la veine droite de Trolard est plus large que la gauche chez les filles mais pas chez les garçons. Il conclut que le sexe du patient est un facteur dans la latéralité des fonctions cérébrales.

 

 

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VUES SUR LES THÉORIES FREUDIENNES

Alfred Adler

Les autres analystes furent parmi les premiers à attaquer les idées de Freud. Alfred Adler (1927) pensa qu’un sens de l’infériorité était créé chez les femmes non pas par le fait qu’elles se sentent moins bien dotées physiquement que les hommes mais par d’une relation de domination masculine artificielle entre les sexes. Ce sens de l’infériorité induisait ce qu’il appelait une protestation masculine, une effort névrotique pour obtenir pouvoir et prestige. Il pensait que Freud était absurdement littéral et biologique avec son insistance sur l’envie de pénis. D’après Adler, Freud décrivait la situation de telle sorte que quand une fille normale se mariait, elle acceptait l’homme comme un appendice du pénis (Adler, 1927).

 

Karen Horney : Karen Horney (1967) accepta initialement les idées de Freud, mais les rejeta ultérieurement. Après

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son arrivée aux Etats-Unis, elle fut incapable de trouver une vérification des théories freudiennes sur ses propres patients. Dans un article précoce (Horney, 1924) elle expliqua en détails les raisons pour lesquelles les filles pourraient développer une envie de pénis et un complexe de castration. Elle fit remarquer que la miction est un événement d’un grand intérêt pour les enfants et que la plus visibilité de l’organe masculin et la permission de le manipuler pendant la miction faisaient sentir un désavantage érotique aux petites filles pendant la période prégénitale. Les filles pourraient éprouver des difficultés à vaincre la masturbation depuis qu’elles ont senti qu’une chose à laquelle les garçons étaient autorisés leur était injustement interdite, en l’occurrence de toucher leurs organes génitaux. Cependant, elle conclut que c’était une féminité blessée, et non une virilité contrariée, qui donnait lieu au complexe de castration et à une masculinité exagérée chez les femmes. Elle observa que les femmes qui présentaient de telles caractéristiques avaient eu un puissant attachement à leur père qui avait essuyé une déception. Elles avaient renoncé à cet attachement dont provenait une identification à leur père.

Deux ans plus tard (1926), elle fit remarquer avec une pleine conviction que les notions freudiennes du développement féminin équivalent aux idées puériles typiques que les garçons ont des filles ; elle conclut que la psychologie féminine avait été faussement considérée d’un point de vue androcentrique. Elle s’intéressa plutôt à l’envie d’homme des femmes en formulant l’hypothèse que le complexe de féminité des hommes conduisait à une surcompensation masculine dans la réussite. D’après elle, le complexe de virilité chez les femmes est habituellement moins sévère que le complexe de féminité chez les hommes. Bettelheim (1962) a développé ce point

 

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ENVIE DE PENIS ET/OU ENVIE DE ROLE SEXUEL : EXAMEN DES INDICES

Problèmes méthodologiques

Avant de nous lancer plus profondément dans un examen des études relatives aux hypothèses freudiennes sur le développement féminin, il pourrait être intéressant de considérer des problèmes méthodologiques particuliers. Il a été fait mention de problèmes méthodologiques dans les chapitres précédents et certains seront discutés dans le contexte du réexamen de chaque étude. Un important problème général, cependant, est ce qui en vint à être connu comme l’effet Rosenthal Hal (Rosenthal, Mulry, Persinger, Vikan-Kline, et Grote, 1964). Cette étude démontre que ce qu’un expérimentateur croit que l’étude va donner peut, de manière

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non intentionnelle, en influencer le résultat. L’inconséquence de se fier aux résultats d’une unique étude en devient immédiatement évident. Le récent échec de Barber (1969) à démontrer l’effet Rosenthal indique de façon encourageante qu’il peut ne pas être trop prévalent (Barber, Calvenley, Forgione, McPeake, Chaves, Bowen, 1969).

Un problème méthodologique plus spécifique à l’évaluation de la théorie freudienne concerne ce qu’est un indice approprié pour la tester. Les psychanalystes ont typiquement objecté que les résultats cités à propos des théories freudiennes sont hors de propos parce qu’ils n’exploitent pas les sentiments inconscients. Cette critique n’est pas entièrement pertinente dans le cadre de ce bilan pour plusieurs raisons. Certaines des études cités ici utilisent les rêves ou des techniques de tests projectifs(1) qui sont considérés comme exploitant les sentiments inconscients. D’autres études portent sur des enfants trop jeunes, selon la théorie freudienne, pour avoir déjà développé l’essentiel de leurs refoulements. Sans le développement des forces du refoulement, on peut s’attendre à ce que les attitudes inconscientes s’expriment elles-mêmes directement chez les adultes. De surcroît, l’idée maîtresse des découvertes freudiennes est que les motivations inconscientes s’expriment dans le comportement. Il apparaît donc qu’aucune raison valable n’existe d’écarter arbitrairement les études évaluant les comportements par des méthodes ordinaires, aussi longtemps qu’il subsiste des raisons logiques de penser que les données correspondent à la théorie. Les indices accréditant la théorie freudienne en provenance des psychanalystes ou d’autres sources sont étonnamment rares. Scriven disait de la psychanalyse " En tant que jeu d’hypothèses, elle était une réalisation grandiose il y a 50 ans ; En tant que jeu d’hypothèses et rien de plus elle est un grand déshonneur aujourd’hui. " (1959, p. 226).

Également intéressante est la surprenante déclaration de Freud à propos de son hypothèse d’envie de pénis : " Si vous rejetez cette idée comme fantastique et considérez ma croyance à l’influence du manque de pénis sur la configuration de la féminité comme une " idée fixe ", je suis évidemment sans défense. " (Freud, 1965, p. 132). Dans cette section, les indices(2) concernant la conception de Freud d’une envie de pénis seront examinées.

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La petite quantité d’indices en faveur de cette hypothèse trouvée dans les observations d’enfants et les études utilisant des tests projectifs amènent à examiner les indices d’une envie de rôle sexuel. Le témoignage montrera que parmi les femmes adultes, l’envie du rôle sexuel masculin est répandue et le désir d’être un homme n’est pas aussi anormal que ce que la théorie freudienne voudrait faire croire. La réalité de base de l’attitude féminine d’envie à l’égard du rôle masculin devient manifeste à partir de l’indice que les garçons, les hommes et le rôle masculin en général sont préférés et plus hautement estimés. Finalement la relation entre le prestige et le rôle sexuel est examinée.

 

Examen des indices de l’envie de pénis

Freud supposa qu’avant la puberté, les petites filles sont masculines et ont une sexualité clitoridienne (Freud, 1938a, 1950b, 1965). Remarquant l’organe génital masculin plus gros et plus proéminent, elles se sentent dupées et envient le pénis. Une idée de l’attitude des jeunes enfants à propos des différences de l’anatomie sexuelle peut être donnée par l’excellente et précoce étude de Hattendorf (1932). Elle reporta les données d’interrogatoires à domiciles de mères de Minneapolis. Les interrogatoires portant sur des questions sexuelles d’environ 1800 enfants furent consignés. Environ 49 % des questions venaient de la tranche d’âge de deux à cinq ans. Les résultats confortent les observations de Freud d’une curiosité précoce et pleine d’entrain. Cette tranche d’âge montrait relativement plus d’intérêt pour les différences sexuelles et la fonction des organes sexuels que les enfants plus âgés. L’origine des bébés, cependant, était le sujet qui faisait naître la majeure partie des questions sur ce thème et ceci toutes tranches d’âges confondues. Le ton des 865 questions posées par les enfants non encore scolarisés reflète pour la plus grande part la simple curiosité. Seulement trois questions suggérèrent une inquiétude à propos de la différence sexuelle phallique, et elles venaient de garçons. La même inquiétude était perceptible à l’égard des seins et de la lactation. Il n’y avait pas d’indice que les filles désirent le pénis. Alors qu’aucune technique particulière visant à exploiter les sentiments inconscients n’aurait été nécessaire avec la plupart des enfants de la tranche d’âge préscolaire, les données auraient fourni de meilleurs indices si elles avaient été basées sur l’observation directe plutôt que sur les indications des mères.

En utilisant des techniques de jeux qui sont considérées comme sensibles pour révéler les dispositions

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d’esprit inconscientes, Conn (1940) étudia 128 garçons et 72 filles répartis entre des âges de quatre et douze ans. Environ les trois quarts des enfants avaient déjà vu les organes génitaux du sexe opposé et environ un tiers d’entre eux (environ cinquante) souhaitaient discuter de leurs réactions à cette expérience au cours du jeu de poupée. La majorité montraient une absence de réaction émotionnelle, mais cinq filles et onze garçons sur les cinquante étaient choqués et inquiets à ce propos. Conn conclut que la vue des organes génitaux du sexe opposé ne perturbe pas la moyenne des enfants.

Levy (1940) critiqua les recherches de Conn sur plusieurs terrains. Il eut l’impression que les enfants étaient examinés par du personnel professionnel en raison d’un problème et ne pouvaient donc pas du tout convenir pour constituer un échantillon aléatoire d’enfants normaux ; beaucoup d’enfants étaient si âgés qu’il était douteux que leurs réactions au jeu de poupée puisse constituer une image des premières sensations qu’ils éprouvèrent en remarquant la différence génitale entre les sexes, et seulement une petite minorité de l’échantillon complet était disposée à discuter de ses sensations. Levy rapporta que ses propres observations semi contrôlées de jeunes enfants (également principalement des enfants à problèmes) l’amenèrent à conclure que la perception des différences génitales éveillent chez les garçons une angoisse de castration et chez les filles des sentiments d’envie et des impulsions destructrices à l’égard du pénis. Alors qu’il concluait que de telles réactions étaient communes il fit remarquer que la question clé est sous quelles conditions elles créent des symptômes névrotiques.

Kreitler et Kreitler (1966) échouèrent à découvrir une angoisse de castration autant chez des garçons que chez des filles, âgés de quatre et cinq ans, d’origines nationales et socioculturelles extrêmement diverses. Seulement 17 des 202 enfants ne purent pas être interrogés en raison de leur anxiété ou de leur manque de coopération, et aussi parce que les sujets étaient beaucoup plus représentatifs que ceux des études de Conn ou Levy. Cette étude doit compter comme une découverte très puissamment négative contre la théorie, étant donné qu’elle constitue une étude soigneusement contrôlée d’un groupe représentatif de jeunes enfants.

Landy (1967) conclut qu’il avait démontré la présence de l’envie de pénis chez la femme et de l’angoisse de castration chez l’homme par la technique de psychopathologie quotidienne dans laquelle les deux sexes ouvrent un paquet de cigarette et retirent la première cigarette. Cette étude illustre un problème méthodologique particulier dans la vérification de la théorie – celui de l’établissement d’une relation valable entre la théorie et la

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méthode utilisée pour la tester. Dans ce cas, il semble peu probable qu’un important pourcentage d’experts acceptent le type de réactions que Landy classe comme indiquant une envie de pénis.

" Il était prévu que pour les femmes, avoir envie de pénis et désirer posséder un pénis instituerait la mise en place d’une réaction ; elles rejetteraient les images phalliques dans la vie quotidienne et recréeraient en une compulsion répétitive la cavité (ouverture vaginale…) pour avoir un enfant en elles. Freud explique que c’est la sublimation de l’envie de pénis. Donc, les femmes fumeuses auraient tendance à ouvrir un paquet de cigarettes fermé et prendre une cigarette en soulevant la partie repliée du paquet de cigarettes pour l’ouvrir, soulevant le rabat supérieur pour obtenir une forme semblable à une cavité, et poussant le fond du paquet pour chasser la cigarette par le haut. De cette manière les femmes créent une cavité au fond du paquet et expulsent la cigarette (l’objet phallique) ce qui peut être considéré comme une expression passive… " (Landy 1967, p. 576). Tandis que significativement plus de femmes que d’hommes ouvraient le paquet de cigarettes de la manière prescrite, les non fumeurs (parmi lesquels les femmes étaient plus nombreuses) ouvraient aussi significativement plus souvent l’emballage de cette façon. L’auteur ne se laissa pas décourager par le fait qu’être fumeur ou non fumeur indépendamment du sexe peut être le facteur déterminant. Il conclut que "  Les comportements observés concordent avec l’hypothèse freudienne que le complexe de castration chez les hommes et l’envie de pénis chez les femmes s’expriment dans la vie quotidienne. " (Landy, 1967, p. 579).

Friedman (1952) étudia 305 enfants normaux, moitié garçons moitié filles, âgés de cinq à seize ans, sélectionnés au hasard parmi plusieurs écoles Cleveland. Dans cette section ne seront discutés que ses résultats ayant trait à l’angoisse de castration ; ses autres résultats sont examinés dans les sections suivantes. Pensant que la plupart des études sur les concepts psychanalytiques avaient échoué à les confirmer en raison de techniques inadéquates pour étudier les sentiments inconscients, Friedman tenta d’exploiter le matériel inconscient en demandant à aux enfants d’imaginer des histoires en réponse à certaines images. Cette méthode est une variante de la technique standard du test projectif. Les instructions de Friedman, cependant, violaient un principe majeur de la technique des tests projectif – la neutralité de l’enquêteur. Il était demandé au sujet de raconter une histoire à propos d’un singe qui était " très épris de sa queue ", et puis " quelque chose de différent

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arriva. " La queue est considérée comme un symbole phallique. Soixante quinze pour cent des enfants terminèrent l’histoire avec des commentaires sur la perte de la queue ou de l’une de ses qualités importantes ; ces résultats furent interprétées comme un indice de l’angoisse de castration. Les méthodes de Friedman sembleraient biaisées, cependant, en faveur d’une conclusion de l’histoire qui contraste avec l’état heureux du singe épris de sa queue. Une meilleure technique aurait été une simple demande de terminer l’histoire.

Les données en provenance des filles n’ont pas été présentées séparément, mais Friedman assura que l’angoisse de castration était moindre parmi elles que parmi les garçons. L’auteur conclut qu’il semble probable que la plupart des enfants éprouvent une peur relative à la castration. La balance globale des indices, cependant, suggère qu’alors que de telles réactions surviennent, elles ne sont pas universelles chez les enfants et sont même moins courantes chez les filles. Si de telles réactions étaient puissantes, typiques, et importantes dans le développement, on se serait attendu à trouver davantage d’indices les confirmant dans les données citées.

Hall et Van deCastle (1966, 1965) analysèrent les rêves de soixante étudiants et soixante étudiantes. Ils trouvèrent que les rêves des filles révélaient significativement plus de désir de castration et d’envie de pénis que d’angoisse de castration. L’inverse était vrai pour les garçons. Ce résultat confirme les compte rendus cliniques concernant l’existence du phénomène d’envie de pénis et sa plus grande fréquence chez les femmes que chez les hommes. Peut-être qu’un aperçu fidèle du problème de l’envie de pénis peut être déduit du fait que l’indice d’une envie de pénis se présenta trente-deux fois sur 956 rêves féminins tandis qu’elle apparut seize fois sur 953 rêves masculins. Environ trois pour cent de la vie mentale inconsciente de cet échantillon de femmes présentait l’indice d’une envie de pénis. En outre même cette estimation peut être élevée, puisque ces filles assistaient à des cours de psychologie où les théorie de Freud pourraient bien avoir été enseignées.

De la même façon Rabe (1963) trouva que le désir d’un pénis était significativement plus fréquents dans les 500 rêves de 25 étudiantes, que dans ceux de 25 étudiants. À nouveau ce problème se manifestait dans environ 3 pour cent de leurs rêves. Les filles étaient aussi significativement plus craintives du pénis et rejetaient

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davantage le vagin. Les rêves des garçons présentaient plus d’indices de symboles phalliques que ceux des filles (66 contre 36). Les filles rêvaient équitablement de symboles sexuels masculins et féminins, tandis que les garçons rêvaient de symboles phalliques dans une proportion de plus des quatre cinquièmes. Cela suggèrerait que le pénis est plus un problème pour les hommes que pour les femmes.

Le manque d’indices confirmant l’importance de l’envie de pénis n’est pas surprenant quand on reconsidère quelques-uns des indices que Freud utilisa pour formuler la notion d’angoisse de castration. Une partie des indices étaient tirés des comptes-rendus d’un père sur son analyse de son propre fils (Freud, 1953a). Le père était un docteur et un ami de Freud, qui supervisait l’analyse. Le fait que l’enfant, le Petit Hans, ait reçu une aide au développement de ses confusions et de ses inquiétudes a été peu remarqué pendant de nombreuses années. Hans demanda à sa mère, qui avait été une patiente de Freud (Jones, 1953), si elle avait un pénis. Plutôt que d’aborder la question d’une manière appropriée, elle lui dit qu’elle en avait un. Il ne semble pas surprenant que l’enfant ait été désorienté. D’autres ont également suggéré que ce cas nécessitait une réinterprétation (Edel, 1968 ; Fromm et al., 1968 ; Fromm et Narváez, 1966 ; Strean, 1967 ; Wolpe et Rachman, 1963).

Un appui accessoire à la théorie freudienne de l’envie de pénis peut être trouvé dans l’étude de Blum (1949). Il utilisa le Blacky Test, une technique projective spécialement conçue pour étudier la théorie psychanalytique du développement psychosexuel chez 119 garçons et 90 filles étudiants en licence à Stanford. Freud (1965) avait affirmé que le manque de pénis était vécu par les femmes comme une blessure narcissique aboutissant à un accroissement de l’amour-propre et de la vanité. Ce narcissisme tend à trouver son expression dans le choix d’un objet d’amour qui représente ce qu’elles auraient voulu devenir. Freud catalogua cela comme un choix d’objet narcissique. (Une autre personne aurait pu lui avoir donné un nom avec une connotation plus favorable, tel que choix d’objet altruiste.) Freud pensa que les hommes faisaient plus fréquemment un choix d’objet par étayage, c’est à dire donnaient leur affection à quelqu’un de semblable à une personne qu’ils avaient aimée dans le passé, souvent leur mère. Blum conclut des déclarations de Freud que plus l’envie de pénis était grande, plus grande devrait être la tendance à un choix d’objet narcissique, et il en trouva une modeste confirmation dans ses données avec une corrélation de 0,34. Malheureusement Blum ne fournit pas d’indice direct

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à propos de la fréquence ou de l’intensité de l’envie de pénis chez les femmes. Il indiqua que le choix d’objet narcissique était significativement plus fréquent chez les femmes.

Greenson (1967) indiqua qu’à sa surprise deux tiers de son échantillon de personnes consultant pour un changement chirurgical de sexe étaient des hommes. Alors qu’il s’agit certainement d’une illustration pittoresque du fait que l’envie masculine pour la féminité a été sous estimée, la proportion de candidats à un changement de sexe a sans aucun doute été affectée par la facilité manifestement plus grande pour un homme de se changer en pseudo femme que l’inverse.

 

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Une comparaison entre l’envie de pénis et l’envie du rôle sexuel

L’accent mis sur le contraste entre les rôles sexuels comme une source du complexe de virilité a bien sûr été caractéristique de beaucoup de critiques adressées à Freud, telles celles d’Adler, Horney et Thompson. Une étude de Rachel Levin (1963, 1966) fournit un indice ayant trait à une comparaison entre les origines anatomique et culturelles de la protestation masculine. Elle compara un groupe de vingt six femme célibataires exerçant une carrière impliquant un travail masculin avec un groupe de vingt six femmes au foyer. Toutes les femmes étaient titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, et il n’y avait pas de différences significatives d’intelligence ou d’équilibre psychologique entre les deux groupes. Elle mit au point une mesure du complexe de castration féminin basée sur le test de Rorschach, un test considéré comme capable d’évaluer les dispositions d’esprit inconscientes. Des quatre symptômes destinés à exploiter les réactions aux différences anatomiques, un seulement distinguait significativement les deux groupes, et les symptômes associés ne les distinguaient pas. Quatre autres symptômes associés destinés à utiliser les éléments non anatomiques du complexe de castration différenciaient significativement les deux groupes. Parmi ceux-ci, le symptôme individuel d’une plus grande activité et du besoin de réussite étaient d’importants facteurs discriminants. Bien que l’auteure ne considère pas cette étude comme un test critique de la théorie analytique, sa conclusion qu’elle fournit plus d’appui pour un point de vue culturel semble justifiée. Kohlberg (1966) a conclu que la perception des différences de rôles

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sexuels est plus influente dans la formation de la personnalité que la perception des différences génitales. Il basa sa conclusion sur le fait que " les enfants sont encore embrouillés dans les différences génitales à un âge (Quatre-cinq ans) où ils stéréotypent nettement les rôles sexuels en termes de taille, force, agressivité et pouvoir… " (Kohlberg, 1966, p. 104).

 

Résumé

 

 

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Chapitre quatre

Le complexe d’Œdipe féminin et sa résolution

Freud émit l’hypothèse qu’entre les âges de trois et six ans, une fille se détourne de sa mère comme objet d’affection en faveur de son père (1950a, 1956, 1965). Elle ressent de l’hostilité à l’encontre de sa mère et désire usurper la position de sa mère, elle craint la fureur jalouse de sa mère. Cette situation est appelée le complexe d’Œdipe féminin. De six ans à la puberté, le complexe est supposé latent, pour ne s’éveiller à nouveau qu’avec les changements physiologiques de l’adolescence. L’hypothèse du complexe d’Œdipe fut d’abord soumise à la critique, sur la base d’indices interculturels, que le complexe n’est ni aussi inhérent à la biologie ni aussi universel que Freud l’a indiqué. Roheim (1950) a habilement défendu la proposition que si que le complexe d’Œdipe prend différentes formes dans diverses cultures, elles ne sont que des variations sur un même thème. Son argumentation, cependant, comme la plupart des débats sur le complexe d’Œdipe, concernaient le complexe masculin. Le complexe d’Œdipe a été utilisé pour expliquer le tabou quasiment universel de l’inceste. Cependant, cette explication n’est plus nécessaire depuis qu’il est maintenant clair que la consanguinité déprécie sérieusement la qualité de la souche en permettant aux erreurs des gènes récessif de s’exprimer (Aberle et al, 1963 ; Lindzey, 1967 ; Spuhler, 1967). Cette explication est probablement suffisante pour expliquer le tabou de l’inceste.

Pour autant que cela concerne le complexe d’Œdipe, il apparaît clairement d’après la documentation des études de cas qu’un tel phénomène existe, mais est-il habituel ? Survient-il de l’intérieur de l’enfant à une phase particulière du développement ? Quel ampleur a-t-il parmi les femmes de notre culture ? Dans ce chapitre, les symptômes d’un complexe d’Œdipe féminin seront réexaminés. À la suite de quoi ces symptômes seront considérés relativement aux conséquences des différences sexuelles dans la résolution du complexe d’Œdipe. Cela a quelque chose à voir avec les différences sexuelles dans le fonctionnement du Surmoi. Finalement, le symptôme de la période de latence sera discuté.

 

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Examen des indices

Que le complexe d’Œdipe ne soit pas fréquent est suggéré par l’étude de Benjamin (1942) de 5 000 cas d’enfants présentant des troubles psychiques. La façon dont la consignation des cas permettait de juger de la présence d’un complexe d’Œdipe n’apparaît cependant pas clairement. Benjamin trouva seulement deux filles et dix-sept garçons présentant le symptôme d’un complexe d’Œdipe. Même dans ces exemples, il nota que les parents jouaient un rôle certain dans la création du complexe. La conclusion de Benjamin fut que les vues psychanalytiques ressemblaient à des photos d’amateurs prises d’étranges points de vue. Les images semblaient distordues et ressemblaient à des caricatures, quelques parties étaient exagérées tandis que d’autres avaient une taille microscopique ou étaient même invisibles.

Anderson (1936) présenta des données sur des comptes-rendus maternels portant sur les préférences familiales de 1 626 enfants normaux âgés de un à douze ans. Environ la moitié des enfants rapportaient n’avoir aucune préférence ; environ 20 % préféraient leur mère, et environ 15 % leur père. Il y avait une petite différence entre les sexes. Les frères et sœurs, spécialement les sœurs, devenaient une importante figure de préférence pour les filles de 10 à 12 ans.

Simpson (1935) étudia les préférences parentales de 250 garçons et 250 filles, 50 de chaque âge entre 5 et 9 ans. L’étude n’incluait que des enfants blancs, essentiellement de la classe moyenne, vivant avec leurs deux parents. L’enquêtrice commençait et terminait sa session individuelle avec l’enfant en le questionnant directement sur sa préférence parentale. Disséminer les questions parmi d’autres était une méthode plus indirecte pour mesurer la préférence. Dans leur choix final sur leur préférence, les deux sexes choisissent la mère presque à trois contre un, avec environ un dixième ne se prononçant pas sur une préférence. Parmi les filles de 5 ans, cependant, il y en avait un nombre significativement plus grand qui choisissaient le père, plutôt que la mère. À la première interrogation, une telle différence n’apparaissait pas, mais comme beaucoup d’enfants ne faisaient pas de choix la première fois qu’ils étaient interrogés, les résultats sont rarement notés. L’emploi de la mesure indirecte de la préférence indiquait que les deux sexes préfèrent leur mère, les filles significativement plus que les garçons. Au total, cette étude, qui est parfois citée à l’appui du complexe d’Œdipe féminin, ne lui procure qu’un frêle appui.

Dans une autre étude d’Ammons et Ammons (1949) vingt-quatre filles entre trois et cinq ans disaient

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préférer leur mère quand elles étaient interrogées directement. Quand leurs préférences étaient discernées par un interrogatoire indirect en forme de jeu de poupée, les filles étaient sans préférence ou préféraient leur mère. Kohlberg et Zigler (1967) étudièrent 64 enfants âgés de 4 à 8 ans. Ils trouvèrent que les filles de quatre ans étaient clairement tournées vers leur mère. Elles commençaient à être moins tournées vers leur mère avec l’âge mais pas au point de se tourner vers leur père. Piskin (1960) ne trouva pas de différence significative entre garçons et filles entre 3 et 5 ans dans leur préférence pour un parent, tous préféraient leur mère. Cet indice est particulièrement négatif puisque la période de trois à cinq ans est supposée être celle de la réaction œdipale la plus marquée. Dans les années suivantes, les filles de l’étude de Piskin firent plus souvent le choix du père et restèrent plus souvent sans préférence, tandis que les garçons restèrent plus souvent sans préférence.

L’étude de Liccione (1955) ne traite pas d’enfants trop jeunes pour avoir mobilisé la majeure partie des refoulements, mais elle tente d’obtenir un matériel inconscient en utilisant un dispositif projectif, le Test d’Aperception Thématique. Ce test consiste à faire imaginer des histoires à l’enfant à partir d’un jeu d’images. Les histoires sont ensuite analysées par l’enquêteur. Liccione fit passer le test à 250 filles âgées de 9 à 17 ans. Il trouva que les filles imaginaient plus de désaccords avec les mères qu’avec les pères mais aussi qu’elles imaginaient plus d’interaction avec la mère. Le surplus de désaccord semblait être une simple fonction du surplus d’interaction mère fille. Il ne trouva pas d’augmentation statistiquement signifiante dans les conflits mère fille entre la période de latence et l’adolescence, comme l’hypothèse de Freud l’aurait prédit, ni que la quantité de conflits décline les années suivantes. Beaucoup de conflits semblaient concerner l’indépendance. Une autre étude (Smith et Powell, 1956), qui est discutée plus en détails dans le chapitre sur l’adolescence, n’accrédite pas elle non plus l’hypothèse du complexe d’Œdipe féminin.

Stagner et Drought (1935) ne trouvèrent aucune différence sexuelle dans l’attitude de 400 collégiens à l’égard de leurs parents. Miller (1969) trouva que 17 collégiennes sur 32 choisissent comme celle d’un séducteur la photo qui ressemblait le plus à celle de leur père (sur huit choix possibles). Winch (1950, 1951) tenta de tester la validité de l’hypothèse d’Œdipe en mesurant les relations entre les progrès du flirt et l’attitude par rapport

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aux parents. Il pensa qu’un attachement marqué au parent de sexe opposé retarderait les progrès du flirt. Pendant qu’il trouvait constamment des vérifications de l’hypothèse parmi les représentants masculins de son échantillon de 1000 collégiens, il était tout aussi constamment incapable d’en trouver une vérification pour les jeunes filles. En fait, il trouva que les filles plus attachées au père étaient plus engagées dans le flirt. Il ne conclut cependant pas qu’il n’y avait pas de relation érotisée au père, c’est à dire pas de complexe d’Œdipe, ni que l’attachement au père servait à émanciper de l’attachement maternel plus enveloppant. Au lieu de cela, Winch conclut que Freud avait vu juste et qu’un complexe d’Œdipe irrésolu causait un léger tort à une femme.

Hamilton (1929) rassembla un matériel vaste et intéressant à partir d’un échantillon sélectionné de 200 hommes et femmes new-yorkais. Cependant, comme c’est si souvent le cas avec l’étude préliminaire, les tests de signification statistiques ne furent pas appliqués. Quelques-unes de ses donnée ont été citées pour soutenir l’hypothèse du complexe d’Œdipe, bien que Terman (1938) ait signalé que des analyses statistiques ultérieures montrèrent qu’aucun de ces résultats n’était significatif. Huit femmes reconnurent avoir eu à quelque degré un sentiment incestueux à l’égard de leur père, et sept femmes reconnurent être troublées par l’indice d’un sentiment sexuel d’hommes de leur famille (pas nécessairement leur père) à leur égard. Cependant, quand 90 femmes sur 100 déclarent n’avoir jamais eu peur d’une relation incestueuse et 81 répondent non à la question de savoir si elles ont été torturées par des pensées portant sur des personnes du sexe opposé éprises de " désir de reproduction " dans leur famille, il est difficile de considérer que cela confirme fortement l’hypothèse de l’Œdipe féminin. Les résultats de deux autres études font apparaître des tendances cohérentes avec les hypothèses freudiennes, mais leur signification statistique n’a pas été clairement établie (Landis, Landis et Bolles, 1940 ; Meltzer, 1941).

Dans l’étude de Terman, (1938) sur 792 couples californiens mariés, les deux sexes exprimèrent plus d’attachement à la mère qu’au père et pour les femmes il y eut une petite différence dans l’importance des conflits vécus avec chacun des parents. Terman fut incapable de trouver une trace claire des effets du complexe d’Œdipe sur l’orgasme chez les femmes. Il y avait cependant pour les femmes la tendance significative qu’un trop grand

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attachement à l’un quelconque de leurs parents avait un effet défavorable sur leur bonheur conjugal. Les résultats de Chesser (1956) sont tout aussi négatifs pour l’hypothèse d’Œdipe : parmi son échantillon de 1211 femmes anglaises, 29 % préfèrent leur père, 40 % leur mère et 31 % n’indiquent aucune préférence. Parmi des adultes, une telle donnée ne constitue pas un indice très fortement négatif. Mais d’un autre côté, le père aurait été préféré, ce même indice aurait sans le moindre doute été cité en faveur de l’hypothèse de l’Œdipe féminin.

Friedman, dont l’étude (1952) fournit des données positives sur les hypothèses d’angoisse de castration et d’envie de pénis, enquêta également sur les sentiments œdipiens. Friedman prédit qu’il y aurait un apaisement de l’angoisse de castration depuis l’âge œdipien de cinq ans jusqu’aux âges plus tardifs de la période de latence. Mais il ne l’observa pas et il suggéra, maintenant que l’on situait le début de la période œdipienne à trois ans, que les filles pouvaient avoir été trop âgées pour une mesure à son maximum de leur anxiété. La comparaison entre les filles en période de latence et celles qui traversent l’adolescence, cependant, révélait une différence significative. Cette différence est d’autant plus convaincante qu’une comparaison entre les courbes masculine et féminine montre que la précocité de l’augmentation de l’anxiété chez les filles coïncide avec la précocité de leur puberté. On pourrait remarquer cependant que la mesure de l’angoisse de castration de Friedman était un indice de la réaction à un matériel phallique symbolique. L’anxiété décelée pourrait ne pas avoir été due à une peur de castration mais au choc de la confrontation à la sexualité en général. L’augmentation d’une angoisse sexuelle générale à la puberté ne fournit pas de confirmation spécifique du complexe d’Œdipe.

Friedman demanda aussi aux enfants d’imaginer des histoires en réponse à des images standard. Il leur demanda quel parent l’enfant préférait dans l’histoire et quel était le parent qui aimait le plus l’enfant. Il n’obtint pas de différence significative entre les sexes en utilisant cette méthode, qui était similaire à la méthode indirecte de l’étude de Simpson (1935). Friedman cita cette découverte négative comme un exemple du fait que l’échec des enquêteurs précédents à trouver une confirmation des hypothèses freudiennes était dû à une technique inadéquate. Après avoir corrigé pour les garçons plus âgés nombre de thèmes agressifs dans les histoires, Friedman trouva que, comme Freud l’avait prédit, il y avait significativement plus d’exemples de conflits père fils que père-fille, et significativement plus de conflits mère fille que de conflits mère fils. Il n’y avait pas d’indice de

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changement dans le conflit parental chez les garçons au cours de la croissance, mais parmi les filles plus âgées, il y avait significativement moins d’histoires de conflits avec l’image paternelle et significativement plus d’histoires de conflits avec l’image maternelle que parmi les filles plus jeunes. Friedman conclut que pour les filles, il y a apparemment un plus grand développement et une plus grande persistance de la relation œdipienne de dix à vingt ans.

Liccione (1955) ne trouva pas d’augmentation significative dans les conflits mère fille entre la période de latence à l’adolescence, mais il trouva une tendance dans cette direction. Il n’interprétait pas une plus grande quantité de conflits mère fille comme un indice du complexe d’Œdipe, mais simplement comme une fonction d’une plus grande interaction mère fille. Friedman, cependant, a un indice spécifique du caractère œdipien de la relation père-fille. Une image de père enfant contenait un jouet. Friedman prédit et trouva que significativement plus de filles que de garçons imaginaient que le père accomplissait une action positive par rapport au jouet. À un niveau symbolique, c’était interprété comme signifiant qu’un pénis était donné à la fille. Il y avait aussi un escalier dans l’image. Monter des marches est un symbole de relations sexuelles (Freud, 1938b). Il fut par conséquent prédit et trouvé que significativement plus de filles que de garçons imaginaient que le père montait les escaliers et entrait dans la maison, la maison étant un symbole féminin. Cet indice est certainement cohérent avec l’hypothèse œdipienne dans la mesure où il est plus l’indice d’une relation sexualisée entre pères et filles qu’entre pères et fils. On ne peut quand même pas présumer, cependant, que la motivation pour les relations provient entièrement de la fille sans la participation du père.

Hall et Domhoff (1963b) analysèrent les rêves de 1399 hommes et 1418 femmes âgés de deux à dix-huit ans. Ils trouvèrent que les hommes rêvent plus d’autres hommes que de femmes, tandis que les femmes rêvent également des deux sexes. Pensant que les rêves se rapportent plus à ce qui est craint qu’à ce qui est aimé, ils interprétèrent cette découverte comme confirmant le complexe d’Œdipe. Alors que cela pourrait objectivement sembler confirmer le complexe d’Œdipe masculin, dans le cas féminin la confirmation semble fragile et plus ambiguë.

L’importance plus grande de la mère que du père a été démontrée par l’étude par test projectif de Blum

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(1949). Significativement plus de sujets féminins que masculins présentaient le symptôme d’un attachement préœdipien (attachement à la mère), et elles montraient significativement moins d’intensité que les hommes dans la relation œdipienne. Blum conclut que le développement féminin est plus complexe que celui des hommes et que l’engagement œdipien est moins complet chez les femmes, puisque la peur de la perte de la mère se prolonge comme un motif dominant. Cohen (1966) trouva que les relations des femmes avec leur mari semblaient plus étroitement marquées par leurs relations avec leur mère qu’avec leur père. Cela non plus ne confirme pas l’hypothèse du complexe d’Œdipe féminin.

 

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Indices de la période de latence

Freud supposa qu’avec la résolution du complexe d’Œdipe et l’identification au parent du même sexe, l’enfant entrait dans ce qu’il appela la période de latence. La période de latence a donné lieu a des interprétations quelque peu différentes. La plus courante est celle d’un désintérêt sexuel, mais elle a aussi été simplement considérée comme une période pendant laquelle aucune modification psychosexuelle significative ne se met en place. Les débats sur la période de latence insistent souvent sur la composition sexuelle des groupes sociaux. Le prolongement des groupes non mixtes est pris comme un indice de la période de latence. Le texte sur le développement infantile de Mussen, Conger et Kagan (1969), par exemple, fait remarquer que les enfants de sept à onze ans s’associent principalement avec des pairs du même sexe, et que ce modèle est général dans d’autres cultures, et également observé chez d’autres espèces de primates pré-humains.

Freud supposa que les énergies libérées pendant la période de latence permettent à l’enfant d’acquérir connaissances et compétences. Il pensait qu’il n’était pas fortuit que le début de la période de latence, six ans, coïncide avec le début de la formation scolaire. La période de latence a été diversement située comme allant de six ou sept ans à onze ou douze ans. Juste au moment où il y eut des anthropologues qui les premiers contestèrent l’universalité du complexe d’Œdipe, il y eut aussi ceux qui élevèrent des objections contre l’hypothèse de

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l’universalité de la période de latence dans le sens d’un désintérêt sexuel. Mead (1958) conclut, cependant, qu’il y avait un " assez bon indice " d’une période de latence pour les garçons dans la plupart des sociétés, mais que la latence était plus forte chez les garçons que chez les filles dans toutes les sociétés qu’elle avait observées exceptée la société des Tchambuli (la société présentant une inversion des rôles sexuels typiques).

Les observations dans notre culture indiquent que la période de latence est une affaire relative (Alpert, 1941), et que la fin de la période, qui se manifeste par une activité sexuelle débordante, n’est pas nécessairement accompagnée par une pauvreté intellectuelle (Bender et Cramer, 1949). Hamilton (1929) rapporta que 76 de ses 100 sujets masculins et 68 de ses cent sujets féminins déclaraient un intérêt pour l’amour entre les âges de six et onze ans. 37 des garçons et 60 des filles dont les données ont été publiées montraient le symptôme d’une sorte de période de latence. Campbell (1939) étudia les enfants au Merill-Palmer Clubs. Elle ne trouva pas de rupture nette des associations hétérosexuelles dans le groupe des 6-8 ans ou au début de la puberté. Il y avait plutôt pour les filles un développement graduel de la conscience sexuelle entre les âges de 9 et 11 ans. Ce développement se caractérisait d’abord par un rejet et un évitement du sexe opposé, puis par une timide acceptation, et finalement par une recherche passionnée à 15 ans. Comme indice contre l’existence d’une période de latence, Kohlberg (1969) cita les découvertes par Bernick (1965) qu’à l’âge de latence les enfants présentent une dilation de la pupille devant des images représentant le sexe opposé. L’étude de Gelfort (1952) ne fournit pas non plus d’indice d’une période de latence. Sears (1943) conclut qu’il n’existait pas de données pour savoir si l’importance relativement plus faible des comportements sexuels chez les enfants en Europe et en Amérique par rapport à certains groupes primitifs est une conséquence du refoulement de la réaction œdipienne ou si elle est une conséquence de l’augmentation de l’effort de socialisation asexuée, en partie à travers la scolarité obligatoire et en partie à travers le contrôle spécifique du comportement sexuel par l’autorité.

L’étude de Broderick et Fowler (1961) suggéra que s’il existait une période de latence, elle ne s’étendait pas au-delà de neuf ans. Ils trouvèrent que 74 à 86 % d’un échantillon de 264 enfants de 5, 6 et 7 ans déclaraient avoir un(e) petit(e) ami(e). Dans la catégorie des 5 ans, 45 % des garçons et 36 % des filles avaient eu l’expérience

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d’un(e) petit(e) ami(e) ; vers sept ans le pourcentage était de 70 % des garçons et 53 % des filles. Dans une large mesure, il serait bien étonnant qu’il n’existe pas aujourd’hui une force de " contrelatence " culturelle étant donné qu’il existait autrefois un renforcement culturel de la période de latence. Kinsey (1965) concluait à l’inexistence d’un indice biologique de latence.

Une partie du test de Friedman (1952) sur les hypothèses de castration et d’Œdipe s’appuie sur l’hypothèse d’une période de latence, et une fois de plus cette étude est une des rares qui appuient la théorie freudienne. Comme il l’avait prédit, il trouva significativement moins d’indices de l’angoisse de castration chez les garçons pendant la période de latence qu’aux deux périodes suivante et précédente. Les filles, cependant, ne pouvaient présenter une différence significative entre la période de latence et la période précédente alors que la comparaison entre leur période latence et leur adolescence était significative. Les données de Friedman procurent de cette façon un appui à la période de latence.

Tandis qu’il semble clair que l’association non mixte est typique aux âges de la période de latence, les intérêts et l’activité hétérosexuelle ne cessent pas universellement. Il est certainement vrai que l’activité sexuelle n’est pas aussi grande pendant cette période que durant celle qui suit. Que cette relative passivité puisse être le résultat de la renonciation au désir œdipien semble peu probable. Dans le cas des femmes, puisque le complexe d’Œdipe n’a jamais été établi comme un événement typique, et puisque l’activité sexuelle n’augmente pas considérablement à la puberté, (voir chapitre 8) il serait bien étonnant que le concept de période de latence soit encore pertinent.

 

Résumé

Le débat complet sur le complexe d’Œdipe est exagérément simplifié lorsqu’il ne s’intéresse qu’à trois individualités. Heureusement, la sphère émotionnelle de la plupart des familles

 

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Développement sexuel

Le rapport Kinsey décrit les sexes comme débutant leur comportement sexuel de façon tout à fait similaire puis divergeant graduellement. La sexualité infantile est acceptée comme un fait, bien que la majorité des données soient basées sur les hommes (Kinsey, 1965 ; Sears, 1943). Cette opinion est maintenant remise en question (Chodoff, 1966 ; Simon et Gagnon, 1969). Résumant leurs propres observations et celles des autres, le groupe Kinsey conclut qu’il ne fait aucun doute que la capacité à l’orgasme soit présente au moins chez certaines femmes à un âge très précoce ; trois ans était l’exemple le plus précoce. Dans la littérature, les rapports sur l’excitation sexuelle génitale préadolescente féminine la situent de 5 % avant 11 ans à 77 % aux alentours de 10 ans ; les données Kinsey montrent une fréquence cumulative (pourcentage de l’échantillon [who had ever engaged in the behavior]) de 27 % approximativement avant treize ans. Chez les garçons, une adolescence précoce annonçait une augmentation de l’activité sexuelle, mais une adolescence précoce semblait avoir peu d’effet sur l’activité sexuelle féminine. Le comportement sexuel masculin présentait un pic à l’adolescence et

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une continuité avec l’activité précédente ; le comportement féminin ne le faisait pas. Douvan et Adelson (1966) trouvèrent une très faible référence à la sexualité dans leurs entretiens avec des adolescentes. Les filles parlaient d’un ton neutre et montraient une absence du type préoccupation pour les pulsions sexuelles et pour leur contrôle qu’ils avaient trouvé chez les garçons et s’attendaient à trouver chez les filles. La sexualité était le plus souvent secondaire par rapport aux autres motivations. Les auteurs étaient intrigués par cela et se demandaient " Les pulsions sexuelles des filles sont-elles voilées et équivoques en raison de puissantes défenses ? Ou la nature des pulsions est-elle telle qu’elles se prêtent elles-mêmes à la répression ? " (Douvan et Andelson, 1966, p. 110). Les deux questions présument que les pulsions sexuelles ont été réprimées. L’interprétation la plus évidente que les adolescentes ne sont simplement pas très motivées par le sexe n’a même pas été mentionnée.

L’équipe de Kinsey trouva que les courbes masculines et féminines de fréquence cumulative de pelotage

Coïncidaient très bien, tandis que celles de fréquence cumulative orgastique ne le faisaient pas. Les garçons avaient beaucoup plus d’orgasmes que les filles. Ces résultats furent interprétés comme une indication que la participation féminine au pelotage venait plus de motivations sociales que sexuelles. La courbe orgastique féminine s’élevait lentement, sans culminer avant la trentaine et déclinait légèrement par la suite. La courbe masculine atteignait son sommet de seize à dix-huit ans, et atteignait une plus grande hauteur, présentant un déclin relatif avec l’âge. La différence sexuelle avec le vieillissement est attestée par la découverte de Terman (1938) qu’entre quarante-cinq et cinquante-quatre ans, les femmes de son échantillon souhaitaient pour la première fois davantage de rapports sexuels qu’elles n’en avaient. Seulement un quart environ de l’échantillon féminin de Kinsey s’étaient masturbé avant le mariage, par contraste avec la masturbation presque universellement constatée parmi l’échantillon masculin. Le fait que les primates femelles des espèces anthropomorphes se masturbent moins que les mâles (Ford et Beach, 1951), rend moins convaincant l’argument que les femmes montrent moins de motivations sexuelles parce les facteurs culturels les en dissuadent.

Les courbes orgastiques masculine et féminine dans les données Kinsey épousent joliment les courbes de chaque sexe des excrétions urinaires de [17-ketosteroids], une mesure des androgènes des gonades et du cortex surrénal. Les indices s’accumulent que ces hormones sont à la base de la pression de l’activité sexuelle

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(Money, 1965a ; Waxenberg, 1963, 1969), bien qu’il n’existe pas de consensus total sur ce point (Kane, Lipton et Ewing, 1969). Puisque le niveau d’androgènes est plus élevé chez les hommes, ils ont vraisemblablement plus de pulsions sexuelles. (Les pulsions sexuelles se réfèrent à la motivation pour la sexualité et pas à la capacité à l’orgasme.)

Simon et Gagnon (1969) ont conclu que la puissance des pulsions sexuelles a généralement été exagérée, spécialement par Freud, et que les pulsions sexuelles n’agissent pas réellement avant l’adolescence. Ils suggèrent que la principale cause des divergences sexuelles dans le développement sexuel est que les mâles évoluent d’une sexualité personnelle et privée vers une sexualité sociale. Les femelles font l’inverse et à un stade plus tardif de leur vie. Les femmes peuvent… " créer ou inventer une capacité au comportement sexuel, apprenant comment être excitées et apprenant comment être réactives. " (p. 746).

Beach (1958) fit remarquer que la [decortication] crée moins de dommages à la réponses sexuelle chez les femelles non primates et probablement primates que chez les mâles. Le cortex cérébral semble moins contribuer à la sexualité féminine. Les primates préhumains mâles présentent un comportement sexuel avant la puberté, mais pas les femelles. L’activité sexuelle prépubertaire n’apparaît pas en dessous du niveau des primates. Le comportement sexuel des primates mâles ne semble pas être entièrement dépendant des hormones. Le comportement sexuel parmi les primates femelles est moins dépendant des hormones que dans le cas des espèces inférieures, mais cette différence est même plus marquée pour les primates mâles. Le fait que la sexualité infantile des femelles humaines a été principalement supposée d’après des observations sur des mâles et qu’il y ait de faibles indices pour le complexe d’Œdipe féminin suggère que les femelles humaines peuvent aussi différer des mâles en présentant une sexualité prépubertaire moindre.

 

Les femmes moins réactives aux facteurs psychologiques

Kinsey et ses collègues trouvèrent que les femmes étaient moins stimulées sexuellement que les hommes par toute une foule de facteurs, tels que l’observation du sexe opposé, l’observation de leur propre sexe, l’observation de représentations de nus, l’art érotique raffiné, l’observation des organes génitaux, l’observation de leurs propres organes génitaux, l’exhibitionnisme, l’intérêt pour les techniques génitales, l’observation de spectacles de strip-tease ou de variétés, l’observation de l’acte sexuel, l’observation de représentation de l’acte

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sexuel, l’observation d’accouplements d’animaux, les spectacles érotiques et le voyeurisme, l’activité sexuelle en pleine lumière, les fantasmes portant sur le sexe opposé, les fantasmes portant sur leur propre sexe, les fantasmes pendant la masturbation, les rêves nocturnes, les histoires érotiques, la littérature et les dessins érotiques, les graffitis sur les murs, les conversation sur la sexualité, les histoires sadomasochistes, le fétichisme et le travestissement.

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1- Les tests projectifs, par exemple le Test des Taches d’Encre de Rorsach et le Test d’Aperception Thématique, consistent fondamentalement en stimuli ambigus que le sujet est invité à interpréter. Son interprétation est donnée pour un reflet de ses motivations inconscientes.

2- John Wisdom (1953) pris Sears à parti pour son étude des théories freudiennes de 1943 et adresserait certainement des objections à ce qui va suivre ici pour quelques unes des mêmes raisons. Wisdom pense qu’il est erroné de limiter la vérité à ce qui est vérifié par observation ou par déduction. Même si l’on accepte cette idée, les preuves empiriques n’en sont certainement pas moins en rapport avec la validité de la théorie freudienne.