Je suis persuadé que l'explication que j'ai trouvée au comportement sexuel de l'espèce humaine n'est pas la seule, même si je serais incapable d'en donner une autre de façon précise et complète. En ingénierie aéronautique comme en biologie, une "redondance fonctionnelle" combine souvent plusieurs processus indépendants mais assurant la même fonction vitale, de façon à ce que, si l'un des processus est victime d'une avarie, l'autre assure quand même la fonction de façon indépendante.

Or la fonction de reproduction fait partie des plus vitales qui soient pour la survie d'une espèce. On peut donc s'attendre à ce que la nôtre soit pourvue d'un système de sécurité conduisant quand même aux comportement sexuel, même si notre psychologie complexe prend des chemins inattendus.

Le mécanisme psychologique que j'ai décrit dans L'érotisme ou le mensonge de Freud, et qui conduit au comportement sexuel, est manifestement aidé par un dispositif hormonal et phéromonal. J'ignore cependant si ce second dispositif suffirait à conduire au comportement sexuel, ou s'il ne constitue qu'un complément du premier, incapable de fonctionner de façon indépendante.

D'autre part, même sans faire intervenir la psychologie, le rapport sexuel serait agréable par la simple excitation des zones érogènes qu'il procure. Cette excitation ne suffirait pas à conduire à coup sûr au comportement de reproduction, mais elle y contribue.

Enfin la beauté joue un grand rôle dans la séduction. Mais l'incapacité à voir cette beauté, et même à savoir ce qu'elle est, n'empêche pas les non-voyant d'être eux aussi séduits et amoureux.

Il ne s'agit là que de petits indices épars, mais qui tendent donc à indiquer que le mécanisme psychologique inconscient que j'ai décrit est aidé par d'autres mécanismes.

 

 

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