L'explication que je propose au comportement sexuel dans L'érotisme ou le mensonge de Freud n'est fondée que si l'on accepte l'idée que l'enfant ressentira d'une part une honte liée au sentiment de souillure corporelle, et d'autre part tombera sous le charme d'une puissante séduction émanant de certains de ses congénères et apte à gommer ce sentiment de souillure.
Cela implique que la séduction et la répulsion répondent à des critères universels présents en nous de façon innée, et que ces phénomènes de répulsion et de séduction précèdent le sentiment érotique pour lui donner naissance.
Cette hypothèse d'un sentiment universel de souillure lié aux déjections, et de l'attrait exercé par certains critères universellement associés à la beauté ou à la séduction, se vérifie à la faveur de certaines observations, non seulement dans notre espèce, mais également dans d'autres espèces du monde animal. En voici quelques exemples :
Nathalie Mandairon a montré que les mêmes odeurs paraissent
agréables ou désagréables aux étudiants et aux souris de laboratoire.
Washoe, une femelle chimpanzé ayant appris
le langage des sourds-muets, associe spontanément le mot "sale" à
ses déjections et aux personnes à qui elle reproche quelque chose.
Le même ratio taille-hanches est associé à la beauté féminine, quelques soient les
modes d'embonpoint ou de minceur.
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