Sexual Behavior of the ARL Colony Chimpanzees
Edward J. Kollar, M.S., M.D., William C. Beckwith, Ph.D. and Robert B. Edgerton, Ph.D.
The Journal of Nervous and Mental Disease, 1968, vol. 147, n° 5, p. 444 à 459
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Ceci est le compte-rendu d’une étude du comportement sexuel de la colonie de chimpanzés ARL de juillet 1966 à août 1967. La colonie ARL présente une innovation appelée le DPS Chimpanzee Consortium qui permet le parcage de groupes sociaux de chimpanzés sur 15 hectares du désert du Nouveau Mexique. Les comportements d’avances, de monte et de copulation de ce groupe d’animaux furent de forme semblable à ceux rapportés des études de terrain. Cependant, la fréquence des comportements de masturbation et de copulation fut plus élevée qu’en liberté. En dépit de cette fréquence élevée des comportements de copulation, trois des cinq mâles adultes qui furent enfermés en cage et probablement privés de partenaires sexuels jusqu’à leur maturité, ne furent pas observés en train de copuler lorsque l’opportunité s’en présenta. Cependant, ils ne semblèrent pas présenter de diminution de leur vie sexuelle. Deux se masturbaient fréquemment et tous trois pratiquaient des actes sexuels pervers. Les adolescents et les jeunes mâles étaient intéressés par les femelles en chaleur et activement sollicités, ils les montaient et copulaient avec elles fréquemment. Trois des quatre adultes du groupe de femelles tendaient à éviter la copulation. Cependant, cette répugnance des femelles adultes à copuler put être vaincue par un grand mâle agressif et toutes les femelles du groupe furent engrossées. L’hypothèse est formulée que les chimpanzés nés sauvages mais enfermés en cage et privés de partenaires sexuels sont capables d’un comportement normal d’accouplement si l’opportunité leur est donnée d’expérimenter et d’apprendre avant une période critique qui survient pendant l’adolescence tardive et le début de l’état adulte. Un adulte qui a dépassé cette période critique est incapable d’apprendre soit à copuler soit à s’orienter vers les femelles en chaleur, bien que les pulsions sexuelles se manifestent par la masturbation et d’autres voies. Il existe également une fréquence élevée de comportements non sexuels de monte et de présentation des parties génitales chez les deux sexes dans le groupe d’animaux remis en liberté. Les femelles les plus âgées " maternaient " fréquemment les petits adolescents, mais plus remarquablement de nombreux chimpanzés mâles interagissaient avec de petits adolescents de façon maternelle. À la différence des femelles sauvages, le groupe de femelles montrait fréquemment un comportement de domination agressive à l’égard des mâles comme des autres femelles. Le groupe de femelles fut aussi fréquemment victime d’agressions masculines, qui ont rarement été rapportées des études de terrain. Des hypothèses pour expliquer ces modifications dans les rôles des genres sont proposées.
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Ceci est le rapport sur le comportement sexuel observé chez les chimpanzés de la colonie ARL. Bien que les chimpanzés aient été fréquemment utilisés dans la recherche médicale et psychologique depuis le début de ce siècle, il existe peu d’études sur les traits spontanés de comportement spécifique de l’espèce chez l’animal captif. Parce qu’ils sont très forts et excellents grimpeurs, ils ont été mis en cage seuls ou par deux pour prévenir les évasions et faciliter leur capture. Cette organisation a été caractéristique même des grande soi-disant colonies de chimpanzés. En effet, le terme " colonie " est trompeur car les conditions de captivité y sont ordinairement plus restrictives que celles des prisons humaines. Parce que les groupements sociaux n’ont habituellement pas été possibles, la plupart des recherches psychologiques se sont souvent limitées à des études d’individus, et la majorité de ces études étaient centrées sur le conditionnement et l’apprentissage. Cependant, au cours de la dernière décennie, les études de terrain de Goodal (4), des Reynolds (13) et de Kortlandt (9) ont insisté sur le fait que le chimpanzé est un être social possédant un riche répertoire comportemental qui, à l’état sauvage, inclut des rudiments de fabrication et d’usage d’outils.
Au cours des deux dernières années notre groupe a été impliqué dans les études comportementales de la colonie de chimpanzés ARL. Outre les traditionnels équipements en cages, la colonie ARL a développé une innovation pour parquer librement des groupes sociaux en mouvement. L’innovation, appelée DPS Chimpanzee Consortium, consiste en un abri couvert donnant accès à 15 hectares du désert du Nouveau Mexique, entouré de fossés bétonnés et remplis d’eau. Nos activités ont commencé avec pour ligne directrice les études comportementales des animaux dans l’aire des cages aussi bien que dans le consortium. Ce rapport est limité aux aspects sexuels de cette ligne directrice.
DÉFINITION DU COMPORTEMENT SEXUEL
Les activités qui peuvent être inclues sous la rubrique du comportement sexuel chez un animal hautement développé, comme le chimpanzé, sont complexes et d’aspects multiples. Il est difficile d’arrêter une définition qui prenne en compte aussi bien toutes les manifestation que les déterminants de ce comportement. Beach (1) a remarqué que le comportement sexuel lorsqu’il est considéré à travers plusieurs espèces " n’a pas de référent unitaire opérationnellement défini ".
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OBSERVATIONS
COMPORTEMENTS DE COPULATION ET DE STIMULATION GENITALE
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COMPORTEMENTS NON SEXUELS DE MONTE ET DE PRÉSENTATION DES PARTIES GÉNITALES
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OBSERVATIONS ACCESSOIRES IMPLIQUANT UN CONTACT GÉNITAL OU UNE STIMULATION
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COMPORTEMENTS MATERNELS
COMPORTEMENTS D’ORDRE MATERNEL
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AGRESSIONS RELATIVES AU GENRE
Harlow rapporta que les macaques mâles sont plus actifs, plus agressifs et deviennent brutaux plus jeunes que les femelles (7). Goodall ne témoigna que d’un incident dans lequel un chimpanzé mâle attaqua une femelle et les Reynolds une seule menace d’un chimpanzé mâle envers une femelle (4). Goodall n’a rapporté aucun cas de domination d’une femelle sur un mâle adulte. Les Reynolds témoignent d’un cas (13). Contrairement aux chimpanzés sauvages, les femelles ARL étaient aussi agressives que les mâles. Alors que les mâles attaquaient plus fréquemment les femelles que les mâles, les femelles attaquaient les mâles et les autres femelles avec la même fréquence. Les mâles étaient attaqués plus souvent par les femelles que par les mâles ; les femelles étaient attaquées aussi souvent par les mâles que par les femelles. Il est possible que cela reflète une modification des rôles de genre des chimpanzés en captivité. Wilson et al ont étudié ce comportement d’angoisse en détails, et cela sera rapporté ailleurs.
DISCUSSION
Bien que la plupart des chimpanzés de la colonie ARL furent capables de reproduction et montraient des types de copulation similaires à ceux rapportés des études de terrain, leur comportement sexuel différait de celui des chimpanzés sauvages de plusieurs façons. Étant en groupe, ils montraient une fréquence plus élevée des activités à la fois de masturbation et de copulation que cela n’avait été rapporté des études de terrain. Cependant, les animaux qui avaient atteint leur maturité en cage et dont on présume qu’ils n’avaient pas eu d’opportunité antérieure de coït étaient apparemment moins intéressés par la copulation, ou en étaient incapables. Seulement deux des cinq mâles adultes enfermés (Sampson et Yosh) furent observés en train de copuler. On disait de Sampson qu’il avait été enfermé avec des femelles sexuellement réceptives avant d’atteindre la maturité. Aucun document n’indiquait si les autres mâles adultes avaient eu de telles opportunités durant leur adolescence. Cependant, cela faisait partie de la politique habituelle d’enfermer les mâles jeunes et adolescents avec d’autres mâles, ou avec des femelles immatures et sexuellement indisponibles. Ni Sampson ni Yosh ne furent observés dans un comportement sexuel aberrant pratiqué par les autres, les mâles adultes qui ne copulaient pas.
La conquête du monopole hétérosexuel ne semblait être un facteur ni nécessaire ni important des relations de la domination entre mâles. Tim, qui n’a jamais été observé à copuler, était clairement le mâle dominant durant sa présence dans le consortium, ayant rapidement ravi la domination à Chuck qui fut souvent observé en train de copuler. George, le gros mâle adulte qui fut sévèrement battu durant son bref séjour au consortium, échoua à copuler, mais il était également inapte à beaucoup d’autres choses. Les gardiens d’animaux
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parlaient de lui comme d’un " chimpanzé du peuple " et avaient prédit son échec à s’adapter au consortium en raison de sa peur et du manque d’intérêt qu’il avait manifesté dans ses réactions antérieures aux mâles enfermés. Les relations de domination n’étaient pas centrées sur la sexualité mais semblaient dépendre des conflits relatifs à la nourriture et aux autres objets " désirables ".
De façon commune avec des rapports d’observation de terrain, la position dominante d’une femelle du consortium augmente lorsqu’elle est en oestrus, mais pas de façon notable. Bien que la réticence à copuler des femelles adultes élevées en cage pouvaient être surmontée par un grand mâle agressif, rien n’indiquait qu’une semblable changement pouvait se produire chez ceux des mâles adultes élevés en cage qui ne copulaient pas. Dans le consortium ils avaient les mêmes opportunités que les mâles plus jeunes qui montraient tous de l’intérêt là-dedans et essayaient de copuler. Les efforts les plus précoces de beaucoup des mâles les plus jeunes étaient maladroit mais ils s’amélioraient avec la pratique. Ainsi nos observations concordent avec celles de Yerks (19) et Nissen 12 au sujet du fait le comportement coïtal s’apprend principalement par imitation. Lorsqu’ils ont bénéficié de l’opportunité d’une expérience sexuelle, les chimpanzés adolescents des deux sexes, qui avaient précédemment souffert d’isolation sexuelle, ont appris rapidement de partenaires sexuellement expérimentés. Cependant si les chimpanzés atteignaient la maturité sans rencontrer l’opportunité de copuler, ils n’apprenaient plus ce comportement complexe d’accouplement. Une période critique pour l’apprentissage du comportement d’accouplement et le développement de la pleine maturité anatomique semblait donc exister. Si cette période se déroulait sans expérience sexuelle ni pratique copulatoire, alors l’animal n’apprenait plus. Cette situation présente des ressemblances avec celle observée chez les humains adultes d’âge mûr qui n’ont pas bénéficié d’opportunité de rencontres sexuelles pendant l’adolescence ni le début de l’âge adulte. Ces adultes humains sexuellement inexpérimentés passent souvent le reste de leur vie dans l’incapacité d’accéder à une expérience sexuelle avec un partenaire de quelque sexe qu’il soit. De tels adultes mâle humains sont souvent incapables d’apprendre à procéder de façon adéquate dans des situations hétérosexuelles, même après une psychothérapie ou une psychanalyse intensive. Les femelles humaines qui sont semblablement sexuellement inexpérimentées, peuvent se marier et se soumettre passivement au coït mais elles trouvent d’ordinaire l’expérience répugnante ou au mieux peu plaisante. Mayson (10) a rapporté des conséquences similaires d’isolement social et de ségrégation sexuelle chez les macaques. Des anomalies de performances sexuelles mais elles étaient particulièrement prononcées chez les mâles. C’est probablement dû au fait que le comportement copulatoire masculin est plus complexe que dans le cas de la femelle. Parce que cet évitement de la copulation par les animaux adultes a des implications importantes et larges, l’hypothèse proposée ici garantit une expérimentation expérimentale systématique et intensive.
Il est improbable que l’inaptitude sexuelle des chimpanzés adultes élevés en cage puisse être expliquée sur la même base qui compte pour les défaut d’accouplement des macaques de Harlow. La plupart de ces chimpanzés étaient nés à l’état sauvage et par conséquent sont présumés avoir expérimenté une relation mère-enfant normale pour au moins quelques mois. Ainsi les chimpanzés adolescent de la colonie ARL ne montraient pas les inaptitudes sexuelles caractéristiques des macaques de Harlow. Au passage on doit noter que deux des chimpanzés enfants nés durant cette étude ont formé d’intenses relations avec des couvertures après qu’ils aient été séparés de leur mère.
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RÉFÉRENCES